La guerre du « Sahelistan » aura-t-elle lieu ?

Autorisée par les Nations unies, une intervention militaire internationale dans le nord du Mali ne semble pas imminente. Si la France s’y montre favorable, l’Algérie et les pays d’Afrique de l’Ouest préfèrent jouer la carte de la négociation. Face à ces incertitudes et à l’impatience de la population, l’armée malienne est tentée de reprendre en main les affaires publiques.

par Philippe Leymarie, janvier 2013

APERÇU

« Dans quel autre pays trouve-t-on un tel concentré de crises ? », soupirait début décembre, à Bamako, M. Cheaka Aboudou Touré, le représentant spécial de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) au Mali. Crise politique : toutes les institutions sont en danger depuis le coup d’Etat de mars 2012, qui a vu le renversement du président Amadou Toumani Touré (surnommé ATT). Sécuritaire : une armée démoralisée, sous-équipée, dont les généraux ne portent plus l’uniforme. Territoriale : un pays coupé en deux, avec un Nord contrôlé par des mouvements islamistes (notamment Al-Qaida au Maghreb islamique, AQMI) qui ont joint leurs forces, sur fond de criminalité transfrontalière, à la rébellion touarègue. Humanitaire, enfin, avec huit cent mille réfugiés et déplacés. Et pourtant, concluait le diplomate togolais, le pays vit, la population a du ressort, les hôpitaux fonctionnent : « Il manque juste des dirigeants à la hauteur ! »

Un capitaine putschiste qui se prend pour le général de Gaulle

Le représentant de la Cedeao ne croyait pas si bien dire. Quelques jours plus tard, le 11 décembre, sous la pression des militaires dirigés par le capitaine Amadou Haya Sanogo, l’auteur du putsch, le premier ministre présentait piteusement sa « démission » à la télévision. Cheikh Modibo Diarra n’avait plus la cote, en dépit du « curriculum vitae d’enfer » avec lequel il s’était présenté lors de sa nomination le 17 avril dernier. Mais n’était-ce pas de toute façon « un grand bluff » ?, interroge l’ancien ministre Tiébilé Dramé, chef du Parti pour la renaissance nationale (Parena) et régulièrement candidat à l’élection présidentielle. Pour lui, ce parcours — de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) américaine à la présidence de Microsoft Afrique —, avec des entrées dans les palais africains et un côté « conversation chaque soir avec M. Barack Obama », relevait de la mystification : « Les auteurs du putsch voulaient un homme neuf ; ils nous ont amené un extraterrestre, sans (…)

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Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique de janvier 2013, actuellement en kiosques, et dans l’édition électronique.

Philippe Leymarie

Collaborateur régulier du Monde diplomatique, il a été chargé des questions africaines et de défense sur Radio-France internationale (RFI). Il est l’auteur, avec Thierry Perret, des 100 Clés de l’Afrique (Hachette littérature, 2006). Il tient, sur notre site, le blog Défense en ligne2
(Source: Le Monde Diplomatique)

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