Rosso: la ville nouvelle pour qui ?

Rosso on le sait est victime d’inondations récurrentes. Il fallait à chaque hivernage déplacer une partie de la population au Pk 7. Ainsi les habitants de Sattara et Demal Deuk notamment se retrouvaient dans des abris provisoires pendant trois à quatre mois. C’est pour cette raison que le président Mohamed Ould Abdel Aziz avait décidé la création d’une ville nouvelle au Pk 7. Avec un investissement de plusieurs milliards, la ville nouvelle a commencé à sortir de terre. Dix milles parcelles loties, un plan directeur élaboré, un hôpital construit. Il a d’abord fallu déplacer plusieurs familles pour faire passer une route. A l’époque cela avait soulevé un grand tollé. Ensuite avec le lotissement de Demal Deuk, d’autres habitants de Rosso ont pu avoir des parcelles au Pk 7. L’opération ‘zéro gazra’ à Rosso a été l’occasion de donner d’autres parcelles au Pk 7. Mais le problème c’est que lors de ces attributions plusieurs dizaines de familles se sont retrouvées chacune avec plusieurs parcelles. Au détriment de centaines d’autres. Aujourd’hui la confusion règne : des centaines de personnes se bousculent au bureau des transports pour déposer des demandes d’achat de parcelles pendant que des sources proches de l’administration parlent de commissions créées pour l’attribution de parcelles aux fonctionnaires de la ville. La grande question qui se pose est la suivante : si les parcelles de la ville nouvelle sont en vente, ce ne sont pas les populations victimes d’inondations qui vont les acheter. N’importe quel citoyen peut se porter acquéreur et la création de la nouvelle ville n’aura rien réglé. En outre la décision de vendre les parcelles du Pk coïncide avec l’absence du président Mohamed Ould Abdel Aziz, retenu à l’étranger pour des soins. Et on se demande comment un Etat peut manquer de vision à ce point. Comment les décisions d’un Etat peuvent être incohérentes à ce point : créer une ville pour trouver une solution à des inondations récurrentes et vendre les parcelles de cette ville nouvelles à n’importe quel citoyen au détriment des victimes des inondations. Si la vente des terrains se confirme cela prouverait que dans ce cas d’espèce on est dans une situation de pilotage à vue. Ce qui ne relève pas de la bonne gouvernance. Les populations de Rosso aimeraient bien savoir pourquoi après avoir attribué près de 3000 parcelles dans des conditions peu transparentes (plusieurs familles ayant reçu plusieurs parcelles chacune) l’Etat décide de vendre les autres parcelles.

Djigo Aboubakry

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