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Archive pour novembre 2012

Rosso : les populations à l’école de la citoyenneté.

Mercredi 21 novembre 2012


Les 10,11,12,13 et 14 novembre, les organisations locales membres du RPC/ Rosso , ont sillonné la commune de Rosso dans le cadre de la campagne de vulgarisation du contenu du livret sur la commune en vue de renforcer les capacités des populations des localités visitées afin qu’elles participent plus activement au processus  d’élaboration communal grâce à une  meilleure connaissance de la commune , de ses compétences ,des droits et devoirs du citoyen et d’une meilleure analyse de la prise en compte de l’équité genre .

C’est ainsi que dix sept villages et  quinze sites correspondant aux sièges des organisations membres du réseau local de Rosso ont été visités.

Durant  cette campagne de sensibilisation, la mission du réseau local a remarqué que l’environnement socioculturel demeure peu favorable à la participation des populations  au processus de prise de décisions les concernant. En plus, les femmes et les  enfants sont  encore des groupes vulnérables dont les préoccupations et les priorités ne sont  toujours  pas prises en compte.

Ainsi, pour prolonger son action, le réseau s’appuiera sur cent vingt relais de communication qui ont reçu le livret et les compétences nécessaires à sa vulgarisation dans toute la ville.

Les populations à leur tour ont félicité et remercié le RPC de son initiative qui selon leurs dires est la première du genre. «  Jamais, personne n’est venu nous sensibiliser sur  nos droits et devoirs ».

Pour ce qui est de la commune, a dit l’un d’entre eux « on pensait que notre relation avec elle, se limiter simplement à élire un Maire et c’est fini. Désormais, ceux qui solliciteront nos suffrages auront fort à faire. »

D’ailleurs, cette occasion a été saisie par  ces populations  pour poser des problèmes pour lesquels elles cherchent des solutions  urgentes.

Les grands problèmes de développement local tels que  diagnostiqués et analysés par les  populations à l’occasion de cette caravane sont : le délabrement des routes , les difficultés d’accès au système éducatifs ( à cause de l’éloignement de l’école et de destination ) ,la précarité de la santé (à cause de l’absence de poste ou de case de santé en milieu rural ) , les faibles respect  du genre , les violences faites aux femmes et la faible protection sociale des groupes vulnérables .

Ces problèmes ont comme causes selon leurs propos «  la mauvaise gouvernance politique, administrative, juridique et économique ».

Les vulgarisateurs ont porté à l’attention  de leurs interlocuteurs, que cette campagne  justement rentre dans le cadre d’un travail en commun de la municipalité et de la  société civile en faveur du développement local. Ceux-ci ont souhaité la pérennisation  des contacts avec le réseau local, qui disent – ils, a fait renaître l’espoir qu’enfin, les autorités communales vont «  se soucier de  leur devenir » car selon le doyen de l’assemblée au PK 10 / Rosso, les Maires étaient «  des extra- terrestres » que l’on  ne pouvait voir qu’une fois tous les cinq ans et des médecins à qui on ne pouvait indiquer où l’on avait mal ».

Enfin ,il faut signaler que cette campagne vise  principalement a suscité un changement d’attitudes et de comportement vis-à-vis de la commune et vers les autorités municipales en vue de l’application des textes des politiques publiques favorables à la prise en compte des besoins et priorités des populations dans le processus de mise en œuvre du plan de développement communal .

Ces stratégies ont permis aux vulgarisateurs de développer des interventions efficaces à fort impact.

Plusieurs villages visités, ont décidé de se réunir en assemblée générale de village  et de se rapprocher des autorités communales  afin de leur exprimer  les besoins  et priorités de leurs localités.

La mission, au nom du réseau a donné rendez vous aux populations visitées  pour un avenir proche, avant l’élaboration prochaine de son agenda de plaidoyers qui ne  prendra en considération que les problèmes posés par elles. Lesquelles problèmes posés seront soumis à qui de droit afin que des solutions sérieuses leurs soient  rapidement trouvées.

    Compte rendu de Brahim Fall chargé de communication du Réseau local de Rosso

Rosso: la ville nouvelle pour qui ?

Mercredi 21 novembre 2012

Rosso on le sait est victime d’inondations récurrentes. Il fallait à chaque hivernage déplacer une partie de la population au Pk 7. Ainsi les habitants de Sattara et Demal Deuk notamment se retrouvaient dans des abris provisoires pendant trois à quatre mois. C’est pour cette raison que le président Mohamed Ould Abdel Aziz avait décidé la création d’une ville nouvelle au Pk 7. Avec un investissement de plusieurs milliards, la ville nouvelle a commencé à sortir de terre. Dix milles parcelles loties, un plan directeur élaboré, un hôpital construit. Il a d’abord fallu déplacer plusieurs familles pour faire passer une route. A l’époque cela avait soulevé un grand tollé. Ensuite avec le lotissement de Demal Deuk, d’autres habitants de Rosso ont pu avoir des parcelles au Pk 7. L’opération ‘zéro gazra’ à Rosso a été l’occasion de donner d’autres parcelles au Pk 7. Mais le problème c’est que lors de ces attributions plusieurs dizaines de familles se sont retrouvées chacune avec plusieurs parcelles. Au détriment de centaines d’autres. Aujourd’hui la confusion règne : des centaines de personnes se bousculent au bureau des transports pour déposer des demandes d’achat de parcelles pendant que des sources proches de l’administration parlent de commissions créées pour l’attribution de parcelles aux fonctionnaires de la ville. La grande question qui se pose est la suivante : si les parcelles de la ville nouvelle sont en vente, ce ne sont pas les populations victimes d’inondations qui vont les acheter. N’importe quel citoyen peut se porter acquéreur et la création de la nouvelle ville n’aura rien réglé. En outre la décision de vendre les parcelles du Pk coïncide avec l’absence du président Mohamed Ould Abdel Aziz, retenu à l’étranger pour des soins. Et on se demande comment un Etat peut manquer de vision à ce point. Comment les décisions d’un Etat peuvent être incohérentes à ce point : créer une ville pour trouver une solution à des inondations récurrentes et vendre les parcelles de cette ville nouvelles à n’importe quel citoyen au détriment des victimes des inondations. Si la vente des terrains se confirme cela prouverait que dans ce cas d’espèce on est dans une situation de pilotage à vue. Ce qui ne relève pas de la bonne gouvernance. Les populations de Rosso aimeraient bien savoir pourquoi après avoir attribué près de 3000 parcelles dans des conditions peu transparentes (plusieurs familles ayant reçu plusieurs parcelles chacune) l’Etat décide de vendre les autres parcelles.

Djigo Aboubakry